Nicole Borvo, sénatrice de Paris
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

Retrouvez ici l’ensemble des propositions de loi déposées par le groupeCRC-SPG.

SOCIETE

Droit au mariage aux personnes du même sexe

Par le groupe CRC / 2 novembre 2005

EXPOSE DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs, Aujourd’hui en France, le mariage consacre l’union de deux personnes de sexe différent ayant comme but une solidarité réciproque reposant sur une affection partagée. Bien que le Code civil ne stipule nulle part que seules des personnes de sexe différent peuvent contracter mariage, on a toujours considéré que la différence de sexe était une condition de la conclusion du mariage.

Or, l’expérience du sida, qui a décimé la population homosexuelle, montre à quel point la non reconnaissance par le mariage des couples de même sexe peut avoir des conséquences dramatiques en matière de dispositions testamentaires, de transfert de bail ou encore d’accès aux soins.

Exclure une partie de la population de ce droit du seul fait de l’orientation sexuelle constitue bien une discrimination caractérisée. L’impossibilité de se marier prive également les couples homosexuels du droit à un séjour stable pour les personnes de nationalité étrangère. De plus, le mariage de personnes du même sexe peut contribuer à établir plus justement leurs droits en matière d’adoption ou en matière de garde des enfants après un divorce.

La loi sur le PACS, à cet égard, non seulement n’a rien changé, mais a paradoxalement renforcé l’attitude discriminatoire des autorités chargées d’accorder l’agrément en vue d’une adoption.

L’union matrimoniale entre deux personnes de même sexe repose sur le principe fondamental de non discrimination énoncé dans de nombreux traités internationaux : l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme prévoit que « la jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune [...] ». De même, l’article 13 du traité instituant la Communauté européenne précise que « le Conseil, [...], peut prendre les mesures nécessaires en vue de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle ». Et divers pays européens comme les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et le Canada, ont évolué en faveur de cette reconnaissance.

Parce que nous considérons, à l’instar de la Ligue des droits de l’Homme, que la liberté pour chacun de choisir son mode de vie et sa sexualité doit être garantie et protégée par la loi, que toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle doit être proscrite et combattue et que la meilleure garantie de l’égalité des droits réside dans l’existence d’institutions universelles, ouvertes à tous, plutôt que dans la mise en place d’institutions différenciées, nous vous demandons de voter la présente proposition de loi.

L’article premier concerne le déroulement de la célébration du mariage par l’officier de l’état civil et l’obligation pour les conjoints de déclarer leur volonté de s’unir par le mariage. L’article deux précise la publication du mariage pour les militaires en cas de guerre, d’expédition, d’opération de maintien de l’ordre et de pacification ou de stationnement des troupes françaises en territoire étranger.

L’article trois concerne la possibilité pour les conjoints, depuis la loi nº 75-617 du 11 juillet 1975, d’avoir un domicile distinct sans qu’il soit pour autant porté atteinte aux règles relatives à la communauté de la vie. Les articles quatre, cinq et six sont consacrés à la prohibition du mariage entre membres d’une même famille. L’article sept définit l’autorité parentale. L’article huit concerne la composition du conseil de famille pour le cas de sa convocation par le juge des tutelles. L’article neuf précise les modalités de signature d’un testament devant notaire et enfin l’article dix est consacré aux causes de suspension de la prescription.

Article 1er

Au dernier alinéa de l’article 75 du code civil, remplacer les mots : « pour mari et femme » par les mots : « pour époux ». Article 2

A l’article 96 du code civil, après l’expression « du futur époux », ajouter l’expression « ou de la future épouse ».

Article 3

Au premier alinéa de l’article 108 du code civil, remplacer les mots : « Le mari et la femme » par les mots : « Les conjoints unis par le mariage ».

Article 4

A l’article 162 du code civil, insérer après les mots : « le frère et la sœur », les mots : « , deux frères ou deux sœurs, ».

Article 5

I. - A l’article 163 du code civil, sont insérés après les mots : « la nièce », les mots : « ou le neveu ». II. - Au même article, sont insérés après les mots : « le neveu », les mots : « ou la nièce ».

Article 6

I. - A l’article 164 du code civil, sont insérés après les mots : « la nièce », les mots : « ou le neveu ». II. - Au même article, sont insérés après les mots : « le neveu », les mots : « ou la nièce ».

Article 7

Au deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil, les mots : « père et mère » sont remplacés par le mot : « parents ».

Article 8

Au premier alinéa de l’article 412 du code civil, les mots : « Le mari peut représenter la femme ou réciproquement » sont remplacés par les mots : « Deux époux peuvent se représenter l’un l’autre ».

Article 9

A l’article 980 du code civil, les mots : « le mari et la femme » sont remplacés par les mots : « deux époux ». Article 10 L’article 2254 du code civil est modifié comme suit : I. - Les mots : « contre la femme mariée » sont remplacés par les mots : « contre la personne mariée ». II. - Les mots : « dont le mari » sont remplacés par les mots : « dont le conjoint ou la conjointe par le mariage ». III. - Les mots : « contre le mari » sont remplacés par les mots : « contre le conjoint ou la conjointe par le mariage ».

Article 11

Un décret en Conseil d’Etat modifie toutes les mesures d’ordre réglementaire afin d’appliquer cette proposition de loi.


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Nicole BORVO COHEN-SEAT
Sénatrice de Paris

Présidente du groupe CRC

Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale

Elue le 24 septembre 1995

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