Nicole Borvo, sénatrice de Paris
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

Avec le vote de la loi, le contrôle de l’action du gouvernement est constitutionnellement l’autre grande prérogative du Sénat. Celle-ci s’exerce notamment au travers des questions d’actualités (deux jeudis par mois), des questions orales, avec ou sans débat, et des questions écrites.

POLITIQUE

Le message des Français est clair : ils en ont assez de l'injustice sociale, assez de payer pour une politique en faveur des plus riches

Elections régionales

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 25 mars 2010

Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mes chers collègues,

Selon le Président de la République, « rien ne serait pire que de changer de cap ».

Il veut continuer à alléger les charges sur le travail, refuser toute augmentation d’impôt pour les riches, accélérer des réformes contestées et stigmatiser encore plus les familles modestes et les étrangers. 

Curieuse analyse de la sanction par les électeurs de sa politique ! Ce qu’ils ont sanctionné, c’est une politique pour les plus favorisés au détriment de l’immense majorité : réduction de l’ISF, bouclier fiscal, exonération de l’impôt sur les sociétés, exonérations patronales sur les heures supplémentaires.

L’infime minorité qui en profite – les financiers et les pouvoirs qui les soutiennent – a plongé la France et le monde dans une crise économique et sociale gravissime. Ils en sortent indemnisés et même récompensés.

L’Etat a renfloué les banques sans contreparties et tout continue comme avant : retraites dorées, bonus des traders, dividendes du CAC 40… tandis que les populations payent la crise : baisse du pouvoir d’achat des salaires et retraites, précarité, chômage en augmentation, déstructuration des services publics…. Populations qui vont aussi qui vont subir les 9,7 % d’augmentation du prix du gaz, alors que le long hiver a permis à l’entreprise privée GDF-Suez d’engranger d’énormes bénéfices.

Le message des Français est clair : ils en ont assez de l’injustice sociale, assez de payer une politique en faveur des plus riches. Ils veulent la justice sociale et fiscale. Ils veulent une réponse solidaire du pays à la crise. Ils veulent un changement de politique auquel, à l’évidence, la droite ne peut répondre.

Personne ne saurait toutefois comprendre que vous continuiez à provoquer le monde du travail, comme sait le faire Christine Lagarde qui justifie le bouclier fiscal en disant que si c’est la partie la plus riche de la population qui en profite, c’est parce que c’est elle qui fait tourner l’économie !

Alors, vous devez pour le moins entendre que la solidarité ne s’adresse qu’aux plus faibles et abroger le bouclier fiscal, cette mesure inique qui rapporte 150 millions d’euros aux 150 plus gros bénéficiaires. C’est ce que nous vous demandons.

Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi . Nous sommes au moins d’accord pour attacher une grande importance à la valeur travail. J’ajouterai toutefois qu’il y a aussi besoin du capital pour faire tourner l’économie.

Nous n’avons pas à rougir de la politique que nous menons. La Commission européenne considère que la France sortira de la crise plus vite que les autres pays de la zone euro.

Les chiffres de la France sont les mêmes que ceux de l’Allemagne, devant tous les autres.

Nous n’avons pas non plus à rougir de notre politique fiscale. Au moment où la croissance revient, il serait absurde de changer de cap. Ne comptez pas sur nous pour augmenter les prélèvements obligatoires !

La politique de l’emploi ? La situation n’est certes pas parfaite mais elle s’améliore. S’il y a eu 3 300 demandeurs d’emploi supplémentaires en février, c’est une augmentation moindre qu’en janvier. Au premier trimestre 2009, le nombre de demandeurs d’emploi supplémentaires était de 134 000 ; il était quatre fois moindre au dernier trimestre.

Sur tous les plans -compétitivité, innovation, emploi, déficit public-, je vous appelle à l’effort collectif que justifie la situation de crise.


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Nicole BORVO COHEN-SEAT
Sénatrice de Paris

Présidente du groupe CRC-SPG

Vice-Présidente de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale

Elue le 24 septembre 1995

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