Nicole Borvo, sénatrice de Paris
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

Retrouvez ici l’ensemble des propositions de loi déposées par le groupeCRC-SPG.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Un souci de transparence de la vie politique

Indépendance du Président de la République et des membres du Gouvernement vis-à-vis du pouvoir économique

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 1er juillet 2010

Depuis 1988, le financement de la vie politique est encadré par un régime juridique de plus en plus strict. A ce titre, des obligations de transparence ont été imposées aux partis et aux candidats afin d’éviter les financements occultes, sources d’inégalités et d’éventuelles pressions de la part de la sphère économique et financière.

En 1995, il a enfin été décidé que les personnes morales ne pourraient plus prendre part au financement de la vie politique. Cependant, cette interdiction ne porte que sur le financement des campagnes électorales et des partis politiques. De plus, elle ne protège pas contre toutes les dérives ; en effet, les personnes morales peuvent être tentées d’utiliser d’autres moyens pour influer sur les décideurs politiques et bénéficier ainsi des décisions de l’Etat, notamment de l’attribution de marchés publics.

Un vide juridique subsiste s’agissant des décideurs politiques, qu’il s’agisse d’élus, tels les parlementaires ou encore le Président de la République ou des membres du gouvernement.

Ainsi, une fois les candidats élus, rien n’empêche une personne physique ou une personne morale d’octroyer certains avantages, financiers ou en nature, de façon directe ou indirecte, aux parlementaires, aux membres du gouvernement ou encore, au Président de la République.

Si le financement de la vie politique par des personnes physiques présente moins de risque en terme d’indépendance, la question des dons effectués par les personnes morales est en revanche plus complexe.

La législation actuelle présente des insuffisances tant dans son champ d’application, qui est aujourd’hui limité aux seuls partis et candidats, que dans l’effectivité de son application.

Dans sa Recommandation Rec(2003)4, sur les règles communes contre la corruption dans le financement des partis politiques et des campagnes électorales adoptées par le Comité des Ministres le 8 avril 2003, le Conseil de l’Europe a affirmé la nécessité que les règles relatives au financement des partis politiques s’appliquent mutatis mutandis : au financement des campagnes électorales des candidats aux élections et au financement des activités politiques des élus.

De plus, en ce qui concerne l’effectivité de l’application des dispositions existantes, la Commission pour la transparence financière de la vie politique a eu l’occasion de relever un certain nombre de lacunes concernant la portée limitée de son contrôle sur les déclarations de patrimoine des parlementaires. Elle souligne notamment « qu’elle ne peut mettre en doute la sincérité des déclarations qui lui sont transmises et ne peut contrôler que ce qui est déclaré. Elle ne dispose notamment d’aucun pouvoir d’investigation. »

Les sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et des sénateurs du parti de gauche se sont toujours fermement opposés à la mise sous tutelle de la vie politique par des personnes morales.

Aucun financement n’est neutre. Il crée des liens et des obligations en retour. Ces liens et ces obligations sont incompatibles avec l’indépendance des élus.

C’est pourquoi nous souhaitons que la transparence s’applique non seulement aux candidats et aux partis politiques, mais également aux titulaires des fonctions électives et gouvernementales, afin que les citoyens soient informés de leurs liens financiers avec toute personne physique ou morale.

Cette proposition de loi – accompagnée d’une proposition de loi organique applicable aux membres du Parlement – répond à la nécessité de lever toute opacité affectant la vie politique et de garantir au Président de la République et aux membres du gouvernement, une réelle indépendance.

A cette fin, le présent texte a pour objet d’étendre l’interdiction de recevoir tout don ou avantage, sous quelque forme que ce soit, de personnes morales et de créer une obligation de déclaration des dons provenant de personnes physiques lorsque ces dons excèdent un montant annuel de 4 600 euros, à l’instar de la législation actuelle en matière de financement de la campagne des candidats à une élection. Les dons concernés sont soit directs soit indirects. Tout don ou avantage en nature effectué par une tierce personne dont bénéficient également les personnes visées par la présente proposition de loi sont pris en compte dans le calcul des sommes déclarées. Cette nouvelle législation serait applicable au Président de la République (article 1er) et aux membres du gouvernement (article 2). Les sanctions applicables sont celles prévues par la Constitution pour le Président de la République, par la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique pour les membres du gouvernement.

C’est donc dans un souci de transparence de la vie politique, condition essentielle du bon fonctionnement de notre démocratie, que les sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et des sénateurs du parti de gauche vous soumettent la présente proposition de loi.

-  Article 1er Après l’article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, il est inséré un article 3 bis ainsi rédigé :

« Art. 3 bis. – Est interdit le fait, pour tout candidat élu à la Présidence de la République, et durant toute la durée de son mandat, de recevoir des avantages en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d’une façon directe ou indirecte, procurés par des personnes morales. Est également interdit le fait, pour ces personnes morales, de proposer ou de procurer ces avantages.

« Ces dons ainsi définis qui lui sont consentis par des personnes physiques, à l’exception des donations familiales, font l’objet d’une déclaration publique annuelle auprès de la Commission pour la transparence financière de la vie politique si leur montant global excède 4 600 euros par an. »

Article 2 I. – Après l’article 1er de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, il est inséré un article 1er bis ainsi rédigé :

« Art. 1er bis. – Est interdit le fait, pour les membres du gouvernement, de recevoir des avantages en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d’une façon directe ou indirecte, procurés par des personnes morales. Est également interdit le fait, pour ces personnes morales, de proposer ou de procurer ces avantages.

« Les dons qui leur sont consentis par des personnes physiques, à l’exception des donations familiales, font l’objet d’une déclaration publique annuelle auprès de la Commission pour la transparence financière de la vie politique si leur montant global excèdent 4 600 euros par an. »

II. – Dans le premier alinéa du II de l’article 3 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 précitée, les mots : « articles 1er et 2 » sont remplacés par les mots : « article)s 1er, 1er bis et 2. »


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Nicole BORVO COHEN-SEAT
Sénatrice de Paris

Présidente du groupe CRC-SPG

Vice-Présidente de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale

Elue le 24 septembre 1995

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